{"id":2796,"date":"2023-09-03T13:55:36","date_gmt":"2023-09-03T13:55:36","guid":{"rendered":"https:\/\/ipasbolivia.org\/des-filles-pas-des-meres-lia-et-247-autres-font-face-a-lavortement-un-droit-seme-dembuches\/"},"modified":"2025-06-13T20:40:59","modified_gmt":"2025-06-13T20:40:59","slug":"des-filles-pas-des-meres-lia-et-247-autres-font-face-a-lavortement-un-droit-seme-dembuches","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipasbolivia.org\/fr\/des-filles-pas-des-meres-lia-et-247-autres-font-face-a-lavortement-un-droit-seme-dembuches\/","title":{"rendered":"Des filles, pas des m\u00e8res\u00a0\u00bb : Lia et 247 autres font face \u00e0 l&rsquo;avortement : un droit sem\u00e9 d&#8217;emb\u00fbches"},"content":{"rendered":"<p>[et_pb_section fb_built=\u00a0\u00bb1&Prime; admin_label=\u00a0\u00bbsection\u00a0\u00bb _builder_version=\u00a0\u00bb4.27.4&Prime; _module_preset=\u00a0\u00bb8fb1a7ed-3eb3-418d-a3dd-d3faa703d245&Prime; global_colors_info=\u00a0\u00bb{}\u00a0\u00bb][et_pb_row admin_label=\u00a0\u00bbrang\u00e9e\u00a0\u00bb _builder_version=\u00a0\u00bb4.27.4&Prime; _module_preset=\u00a0\u00bb7991fac3-7a4b-4646-89db-7d8ccb22a30b\u00a0\u00bb background_size=\u00a0\u00bbinitial\u00a0\u00bb background_position=\u00a0\u00bbtop_left\u00a0\u00bb background_repeat=\u00a0\u00bbrepeat\u00a0\u00bb module_alignment=\u00a0\u00bbcenter\u00a0\u00bb custom_margin=\u00a0\u00bb0px|auto|0px|auto|false|false\u00a0\u00bb custom_padding=\u00a0\u00bb0px||0px||false|false\u00a0\u00bb global_colors_info=\u00a0\u00bb{}\u00a0\u00bb width__hover_enabled=\u00a0\u00bbon|desktop\u00a0\u00bb width__hover=\u00a0\u00bb100%\u00a0\u00bb max_width__hover_enabled=\u00a0\u00bbon|hover\u00a0\u00bb max_width__hover=\u00a0\u00bb100%\u00a0\u00bb][et_pb_column type=\u00a0\u00bb4_4&Prime; _builder_version=\u00a0\u00bb4.16&Prime; custom_padding=\u00a0\u00bb|||\u00a0\u00bb global_colors_info=\u00a0\u00bb{}\u00a0\u00bb custom_padding__hover=\u00a0\u00bb|||\u00a0\u00bb][et_pb_text _builder_version=\u00a0\u00bb4.27.4&Prime; _module_preset=\u00a0\u00bb6b4605f6-e701-4240-ba12-913d455703e4&Prime; global_colors_info=\u00a0\u00bb{}\u00a0\u00bb width__hover_enabled=\u00a0\u00bbon|hover\u00a0\u00bb]<\/p>\n<p>Par Mariela Coss\u00edo Mercado<br \/>L\u00eda a 11 ans et \u00e9tait enceinte. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;apr\u00e8s 22 semaines de gestation que sa m\u00e8re a d\u00e9couvert son \u00e9tat, apr\u00e8s avoir consult\u00e9 un m\u00e9decin en raison d&rsquo;une croissance abdominale qu&rsquo;elle trouvait inhabituelle. La jeune fille a eu acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;interruption l\u00e9gale de grossesse (ILE), une proc\u00e9dure prot\u00e9g\u00e9e par la loi, mais qui se heurte encore \u00e0 des difficult\u00e9s en Bolivie, principalement en raison d&rsquo;un manque de connaissances non seulement parmi les victimes et leurs familles, mais aussi parmi les prestataires de soins de sant\u00e9 et les autres secteurs concern\u00e9s.  <\/p>\n<p>L\u00eda est un pseudonyme utilis\u00e9 dans ce rapport pour prot\u00e9ger l&rsquo;identit\u00e9 de la mineure. \u00c0 l&rsquo;h\u00f4pital Mexico de Sacaba, elle est la quatri\u00e8me fille \u00e0 avoir subi un avortement depuis le d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e. Selon le directeur de l&rsquo;h\u00f4pital, Juan Carlos Balderrama, l&rsquo;h\u00f4pital a trait\u00e9 un nombre important d&rsquo;adolescentes tomb\u00e9es enceintes \u00e0 la suite d&rsquo;un viol, de relations entre pairs ou d&rsquo;un d\u00e9tournement de mineur.  <\/p>\n<p>En Bolivie, une femme, une jeune fille ou une adolescente peut demander un avortement en vertu de l&rsquo;arr\u00eat constitutionnel plurinational 0206\/2014 lorsque la grossesse pr\u00e9sente un risque pour la vie, la sant\u00e9 physique, sociale ou mentale ou si elle r\u00e9sulte d&rsquo;un inceste, d&rsquo;un d\u00e9tournement de mineur ou d&rsquo;un viol.<\/p>\n<p>L\u00eda remplissait toutes ces conditions. Apr\u00e8s avoir d\u00e9couvert la grossesse, sa m\u00e8re s&rsquo;est rendue \u00e0 la Defensor\u00eda de la Ni\u00f1ez y Adolescencia (DNA) de Sacaba, munie d&rsquo;une \u00e9chographie qui a confirm\u00e9 l&rsquo;\u00e2ge gestationnel. C&rsquo;est alors que la jeune fille a r\u00e9ussi \u00e0 surmonter ses craintes et \u00e0 rompre le silence, r\u00e9v\u00e9lant que son cousin de 15 ans l&rsquo;avait agress\u00e9e sexuellement \u00e0 trois reprises. Lia b\u00e9n\u00e9ficie \u00e0 pr\u00e9sent d&rsquo;un soutien psychologique pour l&rsquo;aider \u00e0 se r\u00e9tablir.   <\/p>\n<p>D&rsquo;autre part, l&rsquo;adolescent impliqu\u00e9, issu d&rsquo;une famille dysfonctionnelle et orphelin de p\u00e8re, est en d\u00e9tention provisoire au centre de r\u00e9insertion sociale de Cometa. Il vivait depuis pr\u00e8s de trois ans avec son oncle et sa tante, qui sont les parents de la victime. Le jeune homme travaillait avec son oncle jusqu&rsquo;\u00e0 il y a environ deux mois, lorsque l&rsquo;affaire a \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9e.  <\/p>\n<p>Le cas de L\u00eda est l&rsquo;un des rares, par rapport au taux de grossesse chez les adolescentes, dans lequel l&rsquo;arr\u00eat constitutionnel 0206\/2014 a \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9. En outre, les jeunes filles qui cherchent \u00e0 se faire avorter sont confront\u00e9es \u00e0 une s\u00e9rie de pr\u00e9jug\u00e9s moraux. D&rsquo;autres, par peur, arrivent \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital lorsque leur corps ne peut plus cacher la grossesse et accouchent.  <\/p>\n<p>Pamela, dont le nom a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9 pour prot\u00e9ger son identit\u00e9, a 14 ans, soit trois ans de plus que L\u00eda, mais elle est d\u00e9j\u00e0 m\u00e8re d&rsquo;un b\u00e9b\u00e9 d&rsquo;un peu plus de deux mois. L&rsquo;adolescente a \u00e9t\u00e9 victime d&rsquo;un acte de violence sexuelle perp\u00e9tr\u00e9 par son oncle dans une communaut\u00e9 proche de la ville de Cliza, Valle Alto de Cochabamba. L&rsquo;homme l&rsquo;a incit\u00e9e \u00e0 cueillir des escariotes (courgettes), o\u00f9 il l&rsquo;a agress\u00e9e sexuellement et l&rsquo;a menac\u00e9e pour qu&rsquo;elle ne parle pas. \u00c0 la suite de ces abus, la mineure est tomb\u00e9e enceinte.   <\/p>\n<p>L&rsquo;adolescente a finalement r\u00e9v\u00e9l\u00e9 le nom de son agresseur, qui se cachait dans une ville de la r\u00e9gion de Tropic. La police a r\u00e9ussi \u00e0 le capturer le 1er ao\u00fbt \u00e0 Ivirgarzama. Peu apr\u00e8s, une autre plainte a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e contre lui : la jeune s\u0153ur de Pamela, \u00e2g\u00e9e de 13 ans, en \u00e9tait \u00e0 son sixi\u00e8me mois de grossesse. Elle avait \u00e9galement \u00e9t\u00e9 victime du beau-oncle.   <\/p>\n<p>Pamela ne savait pas qu&rsquo;elle avait le choix d&rsquo;interrompre ou non sa grossesse. Elle vivait dans la peur et sous la menace. <\/p>\n<p>MOYENNE : UN ILE TOUTES LES 21 HEURES<\/p>\n<p>L\u00eda est l&rsquo;une des 13 filles, \u00e2g\u00e9es de 10 \u00e0 14 ans, qui ont opt\u00e9 pour une interruption l\u00e9gale de grossesse (ILE) \u00e0 Cochabamba entre janvier et juillet de cette ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Rossemary Gr\u00e1geda, responsable de l&rsquo;Unit\u00e9 des enfants, des \u00e9coles et des adolescents du Service d\u00e9partemental de sant\u00e9 (SEDES), a indiqu\u00e9 que 248 interruptions de grossesse avaient \u00e9t\u00e9 pratiqu\u00e9es sur des filles et des adolescentes (\u00e2g\u00e9es de 10 \u00e0 19 ans) au cours des sept premiers mois de l&rsquo;ann\u00e9e, ce qui \u00e9quivaut \u00e0 un avortement toutes les 21 heures.<\/p>\n<p>Il a pr\u00e9cis\u00e9 que 13 cas concernaient des filles \u00e2g\u00e9es de 10 \u00e0 14 ans, tandis que 235 cas concernaient des adolescents \u00e2g\u00e9s de 15 \u00e0 19 ans.<\/p>\n<p>Les 13 situations affectant des filles \u00e2g\u00e9es de 10 \u00e0 14 ans ont \u00e9t\u00e9 signal\u00e9es dans huit municipalit\u00e9s : trois \u00e0 Cercado, trois \u00e0 Quillacollo et deux \u00e0 Chimor\u00e9. Les autres cas ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9partis entre Sacaba, Entre R\u00edos, Puerto Villarroel, Punata et Villa Tunari. <\/p>\n<p>En ce qui concerne les avortements pratiqu\u00e9s sur des adolescentes \u00e2g\u00e9es de 15 \u00e0 19 ans, 68 ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 Cercado, 40 \u00e0 Quillacollo, 26 \u00e0 Puerto Villarroel, 16 \u00e0 Villa Tunari, 15 \u00e0 Punata, 14 \u00e0 Sacaba, 11 \u00e0 Vinto, 6 \u00e0 Colcapirhua, 6 \u00e0 Cliza, 5 \u00e0 Colomi, 5 \u00e0 Aiquile et 4 \u00e0 Capinota. En outre, Arque, Ayopaya et Cocapata ont signal\u00e9 un cas chacun. <\/p>\n<p>Selon Gr\u00e1geda, les victimes qui ont eu recours \u00e0 cette proc\u00e9dure n \u00ab \u00e9taient pas enceintes de plus de quatre mois, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;aucune d&rsquo;entre elles n \u00bb \u00e9tait enceinte de plus de 22 semaines.<\/p>\n<p>La sentence constitutionnelle 0206\/2014 d\u00e9p\u00e9nalise l&rsquo;interruption l\u00e9gale de grossesse en Bolivie lorsque la vie ou la sant\u00e9 de la femme est en danger ou si elle a \u00e9t\u00e9 victime de violences sexuelles, mais n \u00ab \u00e9tablit pas l \u00bb \u00e2ge gestationnel limite pour son ex\u00e9cution. Cette situation a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 des incertitudes et des interpr\u00e9tations diff\u00e9rentes. Le bureau du m\u00e9diateur consid\u00e8re qu&rsquo;il est n\u00e9cessaire que l&rsquo;Assembl\u00e9e l\u00e9gislative plurinationale l\u00e9gif\u00e8re sur la question afin de d\u00e9terminer le d\u00e9lai maximum dans ces cas, par le biais d&rsquo;une loi sur les droits sexuels et reproductifs.  <\/p>\n<p>Dans son rapport 2020 intitul\u00e9 Status of Legal Termination of Pregnancy as a Human Right for Women, le bureau du m\u00e9diateur a demand\u00e9 \u00e0 75 gyn\u00e9cologues jusqu \u00ab \u00e0 quelle semaine une interruption l\u00e9gale de grossesse peut \u00eatre pratiqu\u00e9e m\u00e9dicalement ou jusqu \u00bb \u00e0 quelle semaine ils ont pratiqu\u00e9 une interruption l\u00e9gale de grossesse. Les r\u00e9ponses varient, mais 32% ont r\u00e9pondu jusqu \u00ab \u00e0 22 semaines, 27% jusqu \u00bb \u00e0 20 semaines, 16% jusqu \u00ab \u00e0 12 semaines, 10% n&rsquo;ont pas r\u00e9pondu ou ne connaissaient pas l&rsquo;information, 9% jusqu \u00bb \u00e0 22 semaines, 3% jusqu \u00ab \u00e0 18 semaines et 3% jusqu \u00bb \u00e0 8 semaines. <\/p>\n<p>Cela signifie que la d\u00e9cision d&rsquo;interrompre la grossesse d&rsquo;une fille ou d&rsquo;une adolescente victime de violences sexuelles, enceinte de plus de 22 semaines, appartient aux professionnels de la sant\u00e9. Le t\u00e9moignage d&rsquo;une fonctionnaire de la Force sp\u00e9ciale de lutte contre la violence (FELCV), qui a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 garder son identit\u00e9 confidentielle, confirme que ce sont les m\u00e9decins qui prennent la \u00ab\u00a0d\u00e9cision finale\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Certains m\u00e9decins sont r\u00e9ticents \u00e0 pratiquer cette intervention, surtout lorsque la grossesse a d\u00e9pass\u00e9 22 semaines. La premi\u00e8re chose que nous faisons lorsqu&rsquo;une victime arrive est donc de d\u00e9terminer \u00e0 quel stade de la grossesse elle se trouve. Dans certains cas, nous demandons l&rsquo;aide d&rsquo;organisations qui promeuvent les droits sexuels et g\u00e9n\u00e9siques.  <\/p>\n<p>La plupart des m\u00e9decins refusent de pratiquer l&rsquo;intervention apr\u00e8s 22 semaines, s&rsquo;appuyant sur l&rsquo;Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS), qui consid\u00e8re \u00ab l&rsquo;avortement comme l&rsquo;interruption de grossesse spontan\u00e9e ou provoqu\u00e9e avant 22 semaines \u00bb.<\/p>\n<p>Dans certains centres m\u00e9dicaux, la position est inflexible. C&rsquo;est le cas de la maternit\u00e9 Germ\u00e1n Urquidi, o\u00f9, selon son directeur Antonio Pardo, l&rsquo;avortement n&rsquo;est pas pratiqu\u00e9 si la grossesse est avanc\u00e9e de plus de 22 semaines. Le m\u00e9decin a cit\u00e9 le cas d&rsquo;une fillette de 12 ans arriv\u00e9e de Santiv\u00e1\u00f1ez \u00e0 29 semaines de grossesse. Malgr\u00e9 la demande du bureau du m\u00e9diateur d&rsquo;interrompre la grossesse, la mineure a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9e dans un autre h\u00f4pital, un h\u00f4pital de deuxi\u00e8me niveau.   <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il s&rsquo;agit d&rsquo;une grossesse de sept mois, qui ne peut donc pas \u00eatre interrompue. Le bureau du m\u00e9diateur fait pression pour que la proc\u00e9dure soit pratiqu\u00e9e quel que soit l&rsquo;\u00e2ge gestationnel, mais le bureau du m\u00e9diateur des enfants estime que nous commettons un homicide. Ni le minist\u00e8re de la sant\u00e9 ni les autres autorit\u00e9s ne savent quoi faire. La situation n&rsquo;est pas claire. Pour notre part, nous invoquons la proc\u00e9dure technique de prestation de services de sant\u00e9 dans le cadre de la sentence constitutionnelle plurinationale 0206\/2014\u00a0\u00bb, a-t-elle d\u00e9clar\u00e9, tout en montrant le document et en lisant le concept d&rsquo;avortement.<\/p>\n<p>Mme Pardo a \u00e9galement rappel\u00e9 une affaire p\u00e9nale datant de juin 2022. Le conseil m\u00e9dical a d\u00e9cid\u00e9 de ne pas interrompre une grossesse de 28 semaines. L&rsquo;affaire concernait une jeune fille de 12 ans qui avait \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e par son beau-grand-p\u00e8re \u00e0 Chimor\u00e9. Bien que le bureau du m\u00e9diateur ait demand\u00e9 l&rsquo;interruption de la grossesse, le DNA de Cochabamba a pr\u00e9conis\u00e9 de \u00ab sauver les deux vies \u00bb.   <\/p>\n<p>Quelques jours plus tard, les m\u00e9decins ont \u00e9t\u00e9 contraints de pratiquer une c\u00e9sarienne d&rsquo;urgence en raison de probl\u00e8mes li\u00e9s au rythme cardiaque du b\u00e9b\u00e9 et d&rsquo;un cordon ombilical emm\u00eal\u00e9 autour de son cou. Le pr\u00e9matur\u00e9 est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 quatre jours plus tard. Cette affaire a suscit\u00e9 des d\u00e9bats parmi les militants, les organisations, les m\u00e9decins et les avocats, ainsi qu&rsquo;une enqu\u00eate pour mort injustifi\u00e9e men\u00e9e par le minist\u00e8re public.  <\/p>\n<p>Pardo et Gr\u00e1geda partagent la m\u00eame position : l&rsquo;avortement n&rsquo;est pas pratiqu\u00e9 apr\u00e8s 22 semaines de gestation. Le premier \u00e9voque des \u00ab\u00a0lacunes\u00a0\u00bb dans la r\u00e9glementation et se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la proc\u00e9dure technique pour la prestation de services de sant\u00e9 dans le cadre de l&rsquo;arr\u00eat constitutionnel plurinational 0206\/2014. \u00ab\u00a0Selon l&rsquo;OMS, l&rsquo;avortement est la perte du produit de la gestation depuis le moment de l&rsquo;implantation jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il atteigne 500 grammes ou 22 semaines de gestation, calcul\u00e9e par la date de la derni\u00e8re p\u00e9riode menstruelle ou par une \u00e9chographie pr\u00e9coce.  <\/p>\n<p>Dans le m\u00eame document, l&rsquo;avortement est d\u00e9fini comme \u00ab l&rsquo;interruption de grossesse lorsqu&rsquo;elle met en danger la sant\u00e9 ou la vie de la femme, qu&rsquo;il existe des malformations cong\u00e9nitales, qu&rsquo;elle est mortelle, qu&rsquo;elle r\u00e9sulte d&rsquo;un viol, d&rsquo;un d\u00e9tournement de mineur ou d&rsquo;un inceste \u00bb.<\/p>\n<p>Le m\u00e9decin affirme qu&rsquo;un seul avortement a \u00e9t\u00e9 pratiqu\u00e9 \u00e0 la maternit\u00e9 Germ\u00e1n Urquidi depuis le d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e.<\/p>\n<p>L&rsquo;arr\u00eat constitutionnel 0206\/2014 \u00e9tablit que les victimes de viol n&rsquo;ont pas besoin d&rsquo;une autorisation judiciaire pour avorter, il leur suffit de pr\u00e9senter une copie de la plainte d\u00e9pos\u00e9e aupr\u00e8s de la police ou du parquet, accompagn\u00e9e d&rsquo;un consentement \u00e9clair\u00e9. Dans les cas o\u00f9 la vie de la femme est en danger, un rapport m\u00e9dical et un consentement suffisent. <\/p>\n<p>Le personnel de sant\u00e9 a l&rsquo;obligation de se conformer \u00e0 la loi dans les 24 heures suivant la demande de service, en garantissant la confidentialit\u00e9 et le respect de la vie priv\u00e9e du patient. Si un m\u00e9decin refuse de pratiquer la proc\u00e9dure, il s&rsquo;expose \u00e0 des sanctions administratives et p\u00e9nales pour manquement \u00e0 ses devoirs et \u00e0 ses fonctions. <\/p>\n<p>Selon Ipas Bolivia, qui s&rsquo;appuie sur les donn\u00e9es du minist\u00e8re de la sant\u00e9, 1 050 ILE ont \u00e9t\u00e9 pratiqu\u00e9es en Bolivie en 2022, dont 78 % chez des enfants de moins de 15 ans.<\/p>\n<p>Les travailleurs de la sant\u00e9 sont pr\u00e9occup\u00e9s par les grossesses chez les adolescentes et appellent \u00e0 des politiques publiques pour r\u00e9duire les taux. Mme Pardo reconna\u00eet que les cas sont nombreux. Elle a rappel\u00e9 le cas d&rsquo;une jeune fille de 14 ans admise \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital pour accouchement. La jeune fille a subi une micro-c\u00e9sarienne et le b\u00e9b\u00e9 a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 dans un programme d&rsquo;adoption.   <\/p>\n<p>En Am\u00e9rique latine et dans les Cara\u00efbes, la mortalit\u00e9 maternelle est l&rsquo;une des principales causes de d\u00e9c\u00e8s chez les adolescents \u00e2g\u00e9s de 15 \u00e0 19 ans. Les adolescentes de moins de 15 ans sont jusqu&rsquo;\u00e0 trois fois plus susceptibles de mourir de complications li\u00e9es \u00e0 la grossesse que les femmes de plus de 20 ans. En outre, les b\u00e9b\u00e9s n\u00e9s de m\u00e8res adolescentes pr\u00e9sentent une pr\u00e9valence plus \u00e9lev\u00e9e de naissances pr\u00e9matur\u00e9es et de mortalit\u00e9 n\u00e9onatale.  <\/p>\n<p>MATERNIT\u00c9 FORC\u00c9E<\/p>\n<p>\u00c0 Cochabamba, le nombre de grossesses chez les adolescentes est alarmant. En 2022, 5 747 grossesses ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9es chez des filles et des adolescentes \u00e2g\u00e9es de 10 \u00e0 19 ans, ce qui repr\u00e9sente 13 % de la population totale de cette tranche d \u00ab \u00e2ge, selon Rossemary Gr\u00e1geda, responsable de l&rsquo;Unit\u00e9 de l&rsquo;enfant, de l \u00bb \u00e9cole et de l&rsquo;adolescent. <\/p>\n<p>La plupart des grossesses chez les adolescentes sont concentr\u00e9es dans la r\u00e9gion m\u00e9tropolitaine, avec 2 929 cas. Viennent ensuite les vall\u00e9es, avec 507 cas, les Tropiques, avec 1 247 cas, la zone andine, avec 450 cas, et le C\u00f4ne Sud, avec 614 cas. <\/p>\n<p>En 2022, 15 \u00e0 16 grossesses d&rsquo;adolescentes ont \u00e9t\u00e9 signal\u00e9es en moyenne chaque jour. Les donn\u00e9es de janvier \u00e0 juillet de cette ann\u00e9e sont encore en cours de traitement, mais l&rsquo;augmentation est estim\u00e9e entre 14 et 15 %, selon Gr\u00e1geda. Cela signifie que m\u00eame pas 8 % des mineures enceintes \u00e0 Cochabamba ont acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;avortement.  <\/p>\n<p>Le directeur de la maternit\u00e9 Germ\u00e1n Urquidi, Antonio Pardo, a indiqu\u00e9 qu&rsquo;en 2022, 81 adolescentes enceintes \u00e2g\u00e9es de moins de 18 ans avaient \u00e9t\u00e9 prises en charge. Cependant, \u00e0 la mi-ao\u00fbt 2023, il y avait d\u00e9j\u00e0 plus de 126 cas, d\u00e9passant le chiffre de l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. La plupart des patientes ont entre 15 et 16 ans, mais des filles de 12 ans ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 trait\u00e9es pour des grossesses r\u00e9sultant d&rsquo;un viol. Depuis le d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e, au moins sept cas de ce type ont \u00e9t\u00e9 signal\u00e9s.   <\/p>\n<p>La Defensor\u00eda de la Ni\u00f1ez y Adolescencia (DNA) de la mairie de Cochabamba reconna\u00eet \u00e9galement que les taux de grossesse chez les adolescentes sont \u00e9lev\u00e9s. La directrice de cette agence, Cynthia Prado, rapporte que presque chaque jour, une adolescente enceinte se pr\u00e9sente dans les centres de sant\u00e9 de la municipalit\u00e9. Les cas trait\u00e9s sont dus \u00e0 des viols et \u00e0 l&rsquo;ignorance des m\u00e9thodes contraceptives. C&rsquo;est pourquoi l&rsquo;AND travaille \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration d&rsquo;un plan d&rsquo;action pour atteindre les adolescents.   <\/p>\n<p>5 ANS : PLUS DE 39 000 FILLES ET ADOLESCENTES SONT ENCEINTES.<\/p>\n<p>Selon les donn\u00e9es du Service national d&rsquo;information sanitaire - Surveillance \u00e9pid\u00e9miologique (SNIS-VE), partag\u00e9es par Gr\u00e1geda, 39 502 grossesses ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9es \u00e0 Cochabamba chez des filles et des adolescentes \u00e2g\u00e9es de 10 \u00e0 19 ans au cours des cinq derni\u00e8res ann\u00e9es, de 2018 \u00e0 2022.<\/p>\n<p>En 2021, il y avait 6 647 grossesses connues, ce qui repr\u00e9sente 15 % de la population totale de ce groupe d&rsquo;\u00e2ge. En 2020, on d\u00e9nombre 7 065 grossesses (15 %), en 2019, 9 217 (16 %) et en 2018, 10 826 (18 %). <\/p>\n<p>Bien que les statistiques montrent une l\u00e9g\u00e8re diminution, il existe des preuves de la sous-d\u00e9claration des grossesses chez les adolescentes. Par exemple, il existe des cas de filles et d&rsquo;adolescentes enceintes qui n&rsquo;ont pas acc\u00e8s aux soins m\u00e9dicaux ou qui subissent des avortements clandestins. <\/p>\n<p>En Bolivie, l&rsquo;avortement clandestin est l&rsquo;une des principales causes de d\u00e9c\u00e8s maternel. Cependant, il n&rsquo;existe pas de donn\u00e9es officielles. <\/p>\n<p>DES CONS\u00c9QUENCES PROFONDES<\/p>\n<p>La grossesse ou la maternit\u00e9 chez les adolescentes peut compromettre la sant\u00e9, l&rsquo;\u00e9ducation, les possibilit\u00e9s d&#8217;emploi et l&rsquo;avenir.<\/p>\n<p>Selon une \u00e9tude du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), les m\u00e8res adolescentes (femmes ayant eu un enfant entre 10 et 19 ans) gagnent jusqu&rsquo;\u00e0 28 % de moins que les m\u00e8res jeunes adultes (femmes ayant eu un enfant entre 20 et 29 ans).<\/p>\n<p>La grossesse chez les adolescentes affecte les projets de vie des jeunes m\u00e8res, certaines abandonnant leurs \u00e9tudes et leurs objectifs, et a un impact significatif sur les in\u00e9galit\u00e9s sociales.<\/p>\n<p>En r\u00e9ponse \u00e0 ce probl\u00e8me, le minist\u00e8re bolivien de la sant\u00e9 a mis en place des centres de soins pour adolescents (AIDA) dans les \u00e9tablissements de sant\u00e9 publique. Selon Gr\u00e1geda, il y a 10 centres dans le Cercado, deux dans le Sacaba et un dans le Vinto. Il est pr\u00e9vu d&rsquo;implanter ces centres dans le c\u00f4ne sud et les vall\u00e9es.  <\/p>\n<p>La Bolivie a l&rsquo;un des taux de grossesse chez les adolescentes les plus \u00e9lev\u00e9s d&rsquo;Am\u00e9rique latine. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un probl\u00e8me de sant\u00e9 publique et d&rsquo;une violation des droits des filles et des adolescentes. En r\u00e9ponse \u00e0 cette situation, plusieurs collectifs et mouvements sont descendus dans la rue avec le slogan \u00ab Filles, pas m\u00e8res \u00bb, faisant allusion au fait que les mineures ne devraient pas \u00eatre forc\u00e9es \u00e0 devenir m\u00e8res.  <\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est un secret pour personne que les cas de violence sexuelle ont \u00e9galement augment\u00e9, entra\u00eenant des grossesses.<\/p>\n<p>Selon les statistiques du minist\u00e8re public, mises \u00e0 jour au 31 juillet de cette ann\u00e9e, 1 478 cas de viols de nourrissons, d&rsquo;enfants ou d&rsquo;adolescents ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s. Parmi ceux-ci, 469 ont \u00e9t\u00e9 signal\u00e9s \u00e0 Santa Cruz, 275 \u00e0 Cochabamba, 271 \u00e0 La Paz, 139 \u00e0 Beni, 101 \u00e0 Chuquisaca, 85 \u00e0 Potos\u00ed, 77 \u00e0 Tarija, 34 \u00e0 Oruro et 27 \u00e0 Pando. Au moins 80 % des agressions sexuelles sont commises par des membres de la famille ou des proches des victimes.  <\/p>\n<p>Il s&rsquo;agit de cas signal\u00e9s, car derri\u00e8re eux se cachent des \u00ab chiffres noirs \u00bb qui ne sont pas r\u00e9v\u00e9l\u00e9s au grand jour.<\/p>\n<p>\u200d<\/p>\n<p>NOTE COMPL\u00c8TE DANS L&rsquo;AVIS<\/p>\n<p>[\/et_pb_text][\/et_pb_column][\/et_pb_row][\/et_pb_section]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lia a 11 ans et \u00e9tait enceinte. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;apr\u00e8s 22 semaines de gestation que sa m\u00e8re a d\u00e9couvert son \u00e9tat, apr\u00e8s avoir consult\u00e9 un m\u00e9decin en raison d&rsquo;une croissance abdominale qu&rsquo;elle trouvait inhabituelle. 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