Afin de prévenir les mariages et unions précoces et forcés d’enfants, une campagne de sensibilisation est menée en Bolivie, mais se concentre sur les départements de Pando, La Paz, Cochabamba, Chuquisaca et Beni.
« Une campagne de sensibilisation et de mobilisation sociale contre les mariages et unions précoces et forcés d’enfants est en cours », selon un rapport du Fonds des Nations unies pour la population en Bolivie (FNUAP).
Pour l’Unfpa, les unions d’enfants ou les mariages forcés sont des pratiques néfastes qui sont pratiquées « en raison des pressions familiales, des grossesses forcées, de l’existence de normes sociales discriminatoires et de traditions culturelles » qui limitent les possibilités de développement des filles et des adolescentes.
C’est pourquoi, avec le soutien de l’Agence espagnole de coopération - AECID, une campagne est promue de 2023 à 2025 contre les mariages et unions précoces et forcés d’enfants (MUITF), qui violent les droits humains des filles et des adolescentes de moins de 18 ans.
La campagne souligne que les MUITF expriment la coercition et l’absence de consentement libre et éclairé qui obligent les filles à se marier ou à cohabiter avec un partenaire, souvent plus âgé qu’elles.
Selon Monica Beltran, analyste du programme « Normes sociales de genre » de l’UNFPA, « malgré les avancées juridiques et les efforts sociaux, les mutilations génitales féminines persistent en Bolivie, enracinées dans la pauvreté, la violence et l’inégalité entre les hommes et les femmes ».
Les conséquences de cette pratique se traduisent par l’abandon scolaire, la violence, la perpétuation du cycle de la pauvreté et les grossesses à risque, ces dernières pouvant entraîner une mortalité maternelle et néonatale.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les filles de moins de 16 ans ont un risque de décès maternel quatre fois plus élevé que les femmes adultes.
En outre, elles sont plus exposées à l’éclampsie, à l’endométrite puerpérale et aux infections que les femmes âgées de 20 à 24 ans, et leurs bébés présentent un risque plus élevé d’insuffisance pondérale à la naissance, de naissance prématurée et d’affections néonatales graves.
Entre 2014 et 2023, plus de 4 800 mariages d’adolescentes âgées de 16 à 17 ans ont été enregistrés, et 487 cas concernaient des filles âgées de 12 à 15 ans, selon le rapport du bureau du médiateur présenté en mai 2024 sur la violation des droits des filles et des adolescentes.
En outre, l’étude nationale sur les décès maternels de 2011 a révélé que 14 % des décès maternels en Bolivie surviennent chez des enfants de moins de 19 ans.
Dans cette situation, l’Unfpa souligne que l’information et la mobilisation sociale collaborative des différents secteurs sont fondamentales dans les processus qui promeuvent l’éradication des pratiques néfastes qui violent les droits de l’homme.